Le 15 juillet, des membres du comité des affaires politiques de l’Assemblée nationale, issus du parti démocrate au pouvoir en Corée, ont publiquement affirmé la nécessité d’adopter rapidement une « Loi fondamentale sur les actifs numériques » (디지털자산기본법) pour institutionnaliser le stablecoin en won. Les députés Min Byeong-deok (민병덕) et Park Min-gyu (박민규) se sont exprimés lors d’un séminaire intitulé « La stratégie d’hégémonie américaine sur les actifs numériques et la réponse de la Corée », coorganisé dans le quartier de Mapo à Séoul par le consortium des bourses d’actifs numériques et le think tank politique MRI. Leur argument : puisque les États-Unis considèrent déjà les actifs numériques comme une stratégie nationale pour étendre l’influence du dollar, la Corée doit également établir au plus vite un système d’actifs numériques fondé sur le won, afin de préserver sa souveraineté monétaire et sa position dominante sur le marché. Selon un article de Tokenpost, les deux députés s’étaient également rendus le mois dernier à la Maison-Blanche et au Congrès américain, accompagnés du député Kang Min-guk du parti du pouvoir populaire.
Lecture éditoriale : impact concret pour les détenteurs de cartes USDT en Corée
D’abord la conclusion : il s’agit d’un signal d’orientation législative, pas d’une règle d’application immédiate. La Corée ne dispose actuellement d’aucune loi formelle sur l’émission et la circulation des stablecoins ; il s’agit ici d’une prise de position de députés du parti au pouvoir lors d’un séminaire, et le chemin vers un texte de loi et des règles détaillées de la Commission des services financiers (FSC) reste encore long.
Pour les utilisateurs coréens de cartes virtuelles USDT, il faut distinguer deux voies d’impact :
- La carte elle-même (émission hors Corée) : les variantes comme MPCard Asia Elite, Bybit Card, RedotPay — ces cartes Visa/Mastercard USDT émises par des entités étrangères — ne sont pas directement soumises à court terme à une loi coréenne sur les stablecoins. Votre carte continue de fonctionner comme avant.
- Les canaux locaux de dépôt/retrait : le vrai changement se fera d’abord sentir sur le segment « won ↔ USDT ». Si la « Loi fondamentale sur les actifs numériques » ouvre un canal légal pour le stablecoin en won tout en imposant des exigences de conversion ou de déclaration plus strictes pour les stablecoins libellés en dollars étrangers (USDT/USDC), le coût et la friction pour les utilisateurs coréens achetant de l’USDT en won puis rechargeant leur carte pourraient augmenter.
Fenêtre temporelle à anticiper :
- Sous 7 jours : aucun changement. Il s’agit uniquement d’une prise de position de députés.
- Sous 30 jours : surveiller si un projet de loi est officiellement soumis à l’Assemblée nationale et si la FSC réagit publiquement.
- Sous 90 jours : si le processus législatif entre dans une phase d’examen substantiel, les bourses (Upbit, Bithumb, etc.) pourraient ajuster par anticipation leurs politiques de dépôt/retrait liées à l’USDT — c’est le véritable signal à surveiller pour les détenteurs de carte.
Comparaison historique : similitudes et différences avec MiCAR et le règlement hongkongais sur les stablecoins
Cette nouvelle prend tout son sens replacée dans la chronologie mondiale des législations sur les stablecoins.
Points communs — la logique « priorité au stablecoin en monnaie locale, restrictions sur les stablecoins en devises étrangères » est presque un modèle commun à toutes les juridictions. Après l’entrée en vigueur du MiCAR européen en 2024, des plafonds de volume de transaction quotidien et un examen d’émission ont été imposés aux « stablecoins significatifs » non libellés en euros (comme l’USDT) — c’est d’ailleurs la raison directe pour laquelle Tether a temporairement été retiré de certaines bourses de l’UE à l’époque. Le règlement hongkongais sur les émetteurs de stablecoins, avancé en 2024–2025, s’articule lui aussi autour du stablecoin en dollar de Hong Kong. La logique de la Corée dans ce cas relève fondamentalement du même récit de « souveraineté monétaire ».
Différences — l’UE et Hong Kong ont déjà finalisé ou sont proches de finaliser leur législation, avec des contours réglementaires relativement clairs ; la Corée en est encore au stade de l’impulsion du parti au pouvoir, et le texte, la période de transition, ainsi que le traitement précis réservé aux stablecoins étrangers en dollars restent des zones vierges. Autrement dit, MiCAR est un « résultat connu », tandis que la Corée est une « direction connue, détails inconnus ». Cette différence explique pourquoi vous n’avez actuellement aucune action d’urgence de type dépeg à effectuer pour les utilisateurs coréens — le risque immédiat du bref décrochage de l’USDC en 2023 n’a rien à voir avec une simple annonce d’orientation législative.
Limites réglementaires : zone grise ou zone interdite actuellement
Pour les utilisateurs coréens de cartes USDT, le statut légal actuel peut se résumer ainsi :
- Explicitement autorisé : détenir de l’USDT à titre personnel, l’utiliser, et l’acheter/vendre via des bourses conformes.
- Zone grise : le traitement fiscal et déclaratif de la consommation locale via une carte USDT émise à l’étranger n’est couvert par aucune disposition spécifique — c’est précisément ce vide que cette loi cherche à combler.
- Pas encore interdit : aucune disposition n’interdit actuellement l’utilisation d’une carte virtuelle USDT émise à l’étranger.
Nous n’avons pas encore ouvert de page de conformité dédiée à la Corée, mais l’approche réglementaire est fortement comparable à celle des juridictions voisines. Les lecteurs souhaitant anticiper l’impact d’une législation « priorité à la monnaie locale » sur les cartes de stablecoins en devises étrangères peuvent consulter le guide de conformité Japon et le guide de conformité Hong Kong — les cadres de traitement des stablecoins de ces deux juridictions pourraient bien servir de référence majeure pour la législation coréenne.
Les points clés à surveiller
- Le dépôt officiel du projet de loi à l’Assemblée nationale : une prise de position de députés n’est pas une loi. Surveiller si le projet de « Loi fondamentale sur les actifs numériques » entre en examen formel au comité des affaires politiques.
- Les communications officielles de la FSC : se référer aux publications du site officiel de la Commission des services financiers ; toute règle détaillée concernant la conversion/déclaration des stablecoins en devises étrangères mérite une attention immédiate.
- La politique USDT des grandes bourses : si Upbit, Bithumb ajustent les limites de dépôt/retrait USDT ou ajoutent des exigences de déclaration, ce sera le premier signal observable.
- Les entités pilotes du stablecoin en won : la désignation de banques ou d’institutions agréées pour émettre un stablecoin en KRW déterminera à quoi ressemblera le futur « canal légal en monnaie locale ».
Recommandations éditoriales
- Utilisateurs coréens détenant déjà une carte USDT émise à l’étranger (MPCard, Bybit Card, RedotPay, etc.) : aucune action nécessaire. Votre carte n’est pas affectée par cette annonce d’orientation législative ; continuez à l’utiliser normalement.
- Utilisateurs prévoyant une nouvelle demande : pas besoin de reporter. Si le coût du dépôt local à long terme vous préoccupe, privilégiez des solutions reposant sur des canaux étrangers et non sur la conversion locale en won — voir la comparaison meilleures cartes USDT pour la Corée.
- Utilisateurs fortement dépendants du dépôt « achat d’USDT en won »