Selon un article publié le 5 juin par le média hispanophone CriptoNoticias, 4 grandes banques américaines feraient avancer en secret un projet concurrent des stablecoins portant le nom de code interne « The Bridge », avec pour objectif de s’étendre à l’ensemble du système bancaire américain avant 2027. L’article ne révèle pas l’identité précise des banques concernées ; il s’agirait d’une alliance de compensation / émission pilotée par des institutions financières traditionnelles, destinée à contrebalancer l’influence de stablecoins privés comme Tether (USDT) et Circle (USDC). Ce n’est pas un mouvement isolé : il survient alors que le GENIUS Act américain sur les stablecoins entre en vigueur, dans un contexte où le secteur bancaire redoute massivement une fuite des dépôts vers les stablecoins.
Impact réel pour les utilisateurs de cartes USDT : quasi nul (à court terme)
Commençons par la conclusion : si vous utilisez actuellement une carte virtuelle rechargée en USDT, cette actualité ne changera rien à vos habitudes dans les 7, 30, voire 90 prochains jours.
La raison est simple : The Bridge et les cartes virtuelles USDT se situent à des maillons différents de la chaîne de valeur. La logique des cartes virtuelles USDT est la suivante : vous rechargez des ₮ chez l’émetteur (par exemple MPCard ou Bybit Card), qui convertit ensuite l’USDT en monnaie fiduciaire en coulisses et traite la dépense via le réseau Visa/Mastercard. Ce que vise The Bridge, c’est de permettre aux banques d’émettre elles-mêmes un « stablecoin conforme », afin de disputer à l’USDT/USDC leur rôle de support de règlement et de réserve de valeur — pas de concurrencer directement telle ou telle carte.
Détail par scénario d’usage :
- Utilisateurs Asie-Pacifique (compte + IP + BIN Asie-Pacifique) sur MPCard Asia Elite : aucun impact. Le BIN et la compensation de cette filière ne dépendent pas du système bancaire américain ; le caractère strictement domestique de The Bridge ne touche pas cette zone à court terme.
- Utilisateurs recourant à l’USDC pour des abonnements américains (ChatGPT Plus, Claude Pro, etc.) : à surveiller de plus près. Si, à l’avenir, des stablecoins bancaires venaient réduire la circulation de l’USDC, cela pourrait à long terme affecter la profondeur de conversion de certains émetteurs. Mais ChatGPT Plus reste à 20 $/mois et Claude Pro à 20 $/mois : le coût de l’abonnement lui-même ne changera pas à cause de cette actualité. Voir le scénario de recharge ChatGPT Plus.
- Nouveaux utilisateurs souhaitant souscrire une carte : il n’y a pas lieu d’ajuster votre choix de carte en raison de cette actualité.
Comparaison historique : en quoi ce cas diffère-t-il de 2023 et 2024
Replacer The Bridge dans une chronologie permet d’en mesurer la portée réelle.
Par rapport au « rejet des entreprises crypto » par les banques en 2023 (controverse Operation Chokepoint 2.0) : cette vague-là voyait les banques restreindre passivement leurs services aux sociétés crypto, dans une posture d’évitement défensif. The Bridge relève au contraire d’une initiative offensive : les banques ne cherchent plus seulement à bloquer les stablecoins à la porte, elles veulent en émettre un elles-mêmes. C’est un renversement complet de posture.
Par rapport au bref décrochage de l’USDC en 2023 (affaire Silicon Valley Bank) : cet épisode avait révélé le risque de « réserves de stablecoin adossées à des banques traditionnelles ». Ironiquement, The Bridge prend la direction inverse — laisser les banques devenir elles-mêmes émettrices, de sorte que, en théorie, réserves et émission proviennent de la même source. Mais cela crée aussi un nouveau risque de centralisation, à l’opposé du modèle « stablecoin privé + traçabilité on-chain » familier aux utilisateurs de cartes USDT.
Par rapport à la plainte de la SEC contre Coinbase en 2024 : il s’agissait alors d’une pression exercée par un régulateur via une action en justice ; The Bridge est une riposte produit menée par des acteurs de marché. L’une descend du sommet, l’autre part de la base — mais les deux pointent vers le même résultat : le secteur des stablecoins passe d’une phase de « croissance sauvage » à une phase de « partage entre géants ».
Angle conformité : où se situe la limite aujourd’hui
Sur le plan de la conformité, la situation est claire : dans le cadre du GENIUS Act, l’émission de stablecoins par des banques est une voie explicitement encouragée — la loi elle-même ouvre un canal légal permettant à des institutions régulées d’émettre des stablecoins de paiement. The Bridge ne relève donc pas d’une zone grise, mais s’inscrit sur une trajectoire que la régulation accueille favorablement.
Mais la véritable frontière pertinente pour les utilisateurs de cartes USDT ne se situe pas aux États-Unis, elle se situe dans votre zone d’émission habituelle. Si vous dépensez principalement en Asie-Pacifique, les avancées réglementaires sur les stablecoins présentées dans les points de conformité Hong Kong et points de conformité Singapour ont plus d’incidence concrète sur vous que cette alliance de Wall Street. Même déployé en 2027, un stablecoin bancaire américain aura du mal à couvrir directement les utilisateurs retail d’Asie-Pacifique — c’est précisément là que se situe l’avantage compétitif de cartes centrées sur l’Asie-Pacifique comme celles évaluées dans notre test MPCard.
À préciser : aucune action réglementaire n’exige, à ce jour, un quelconque changement de comportement de la part des détenteurs d’USDT ou des utilisateurs de cartes USDT. The Bridge en est encore au stade « nom de code interne + fuite médiatique », sans même de confirmation officielle.
Points clés à surveiller
- La publication des noms des banques : l’identité des 4 banques n’est pas encore révélée. Ce n’est qu’une fois une confirmation officielle obtenue qu’on pourra évaluer sa capacité réelle de compensation.
- Les jalons intermédiaires avant le déploiement national en 2027 : entre « projet secret » et « couverture nationale », des annonces de projets pilotes sont à prévoir. Toute annonce de pilote constituera un signal plus fiable.
- La capitalisation et la circulation on-chain de l’USDT / USDC : si les stablecoins bancaires s’avèrent réellement compétitifs, cela se traduira d’abord dans la courbe de capitalisation de l’USDC. L’USDT, du fait de sa profondeur offshore et Asie-Pacifique, devrait ressentir l’impact plus lentement.
- Les annonces des émetteurs concernant le BIN et la profondeur de conversion : surveillez si l’émetteur de votre carte modifie, sur ses pages officielles, les types de stablecoins pris en charge — c’est là la véritable variable qui affecte concrètement votre carte.
Recommandation de la rédaction
Détenteurs de MPCard (y compris la variante Asia Elite) ou de Bybit Card : aucune action n’est requise. Cette actualité ne modifie ni vos rechargements, ni vos dépenses, ni vos retraits, ni les frais de votre carte.
Utilisateurs recourant principalement à l’USDC pour des abonnements américains : rien à faire dans l’immédiat, mais ajoutez « surveiller les annonces des émetteurs d’USDC » à votre liste de suivi long terme. Si vous souhaitez vous ménager une alternative pour vos abonnements américains, consultez le Top 5 des cartes recommandées 2026 et le comparatif des cartes aux frais les plus bas, afin de ne pas dépendre d’un seul stablecoin.
Utilisateurs envisageant une nouvelle souscription : ne retardez pas votre décision à cause de The Bridge. Une alliance bancaire dont le déploiement n’est prévu qu’en 2027, et dont les membres ne sont même pas publiquement identifiés, ne constitue pas une variable pertinente pour choisir une carte aujourd’hui. Il est plus important de choisir votre carte en fonction de votre zone de dépense réelle que de suivre cette actualité de près.
En résumé : The Bridge est un signal important à long terme pour le paysage des stablecoins, mais pour la carte USDT que vous avez en main, il relève pour l’instant de la catégorie « à noter, pas d’action à prendre ».
— Cet article s’appuie sur le reportage de CriptoNoticias ainsi que sur des informations législatives publiques ; il relève d’un jugement éditorial et ne constitue ni un conseil d’investissement ni un conseil de conformité.