Français · 中文 · English

La FSA japonaise révise l'ordonnance sur les stablecoins étrangers : ce qui importe pour les utilisateurs de cartes virtuelles USDT, c'est le canal d'émission, pas USDT lui-même

2026-05-25

La Financial Services Agency japonaise (FSA) a fait avancer cette semaine les discussions sur la révision de l’ordonnance du Cabinet (内閣府令) relative aux stablecoins émis à l’étranger. Il s’agit du deuxième cycle de précision législative sur la « zone grise » concernant la façon dont les stablecoins émis à l’étranger peuvent circuler légalement au Japon, après la révision de la loi sur les services de paiement de juin 2023. D’après le résumé hebdomadaire de CoinPost, l’attention du marché japonais cette semaine s’est concentrée sur trois sujets : l’avancement du projet de loi américain sur les réserves Bitcoin, le compte à rebours du prochain halving Bitcoin, et cette révision de l’ordonnance par la FSA. Pour les utilisateurs de USDT, c’est le troisième point qui concerne directement les usages quotidiens de leur carte.

Un fait souvent confondu mérite d’être clarifié : le Japon n’interdit pas actuellement la détention de USDT, et la FSA n’a jamais demandé aux exchanges de retirer USDT. Cependant, dans le cadre du régime de licence des « moyens de paiement électronique (電子決済手段) » au Japon, les stablecoins pouvant être émis et remboursés auprès du grand public par des institutions japonaises agréées restent principalement JPYC et USDC (via des canaux comme SBI VC Trade). Le USDT émis par Tether ne figure pas sur la liste des stablecoins autorisés. Les discussions actuelles sur la révision de l’ordonnance portent sur les modalités précises d’assouplissement ou de renforcement des conditions de circulation des stablecoins étrangers — et non sur une décision binaire d’ouverture ou de fermeture pour USDT.

Analyse éditoriale · Impact réel pour les utilisateurs de cartes USDT

Conclusion d’emblée : les utilisateurs japonais détenant une carte virtuelle USDT, ou les utilisateurs ayant souscrit une carte USDT à l’étranger avec une identité japonaise, n’ont aucune action à effectuer cette semaine.

La pression de conformité sur les cartes virtuelles USDT n’a jamais porté sur la question « USDT est-il légal au Japon », mais sur deux points précis :

  1. L’acceptation de l’identité japonaise par l’émetteur de carte. MPCard (variante Asia Elite, sélection éditoriale) accepte actuellement le passeport japonais et une adresse japonaise pour le KYC. Bybit Card au Japon, quant à elle, passe par une voie internationale car Bybit Japan n’émet pas directement de cartes. Cette révision de l’ordonnance ne touche pas directement ces deux canaux, mais elle influencera la volonté des émetteurs de lister explicitement le Japon comme région prise en charge dans les 6 à 12 prochains mois.
  2. L’acceptation par les commerçants japonais côté acquéreur. L’acquisition Visa / Mastercard chez les commerçants locaux au Japon relève de la compensation, sans lien direct avec la réglementation des stablecoins. Autrement dit : même si USDT reste dans une « zone grise » au Japon, utiliser MPCard dans un konbini, pour un abonnement ChatGPT Plus ou pour Uber Japan passe par le canal Visa standard — le commerçant n’est pas en contact avec USDT.

Trois horizons temporels à surveiller :

Comparaison historique : en quoi cette révision diffère de MiCAR et de la réforme de 2023

La référence la plus naturelle est la révision de la loi sur les services de paiement japonaise de juin 2023 — c’était une création ex nihilo, première définition des « moyens de paiement électronique », qui a officiellement intégré les stablecoins dans le cadre réglementaire financier et autorisé explicitement les stablecoins yen de type fiduciaire (comme JPYC) ainsi que les stablecoins étrangers autorisés. C’était une législation d’ouverture.

La présente révision de l’ordonnance relève d’un ajustement au niveau des modalités d’application, non d’une nouvelle législation. Elle ressemble davantage à la période de transition qui a suivi la décision de « non-conformité » de MiCAR concernant USDT fin 2024, lors de laquelle plusieurs émetteurs ont progressivement migré leurs utilisateurs européens des cartes USDT vers des cartes USDC / EURC — mais la démarche japonaise est bien plus progressive, sans calendrier de retrait explicite.

Un autre parallèle utile est le bref décrochage de USDC en mars 2023. À l’époque, les détenteurs de cartes virtuelles USDC avaient vécu en 48 heures une hausse temporaire des marges de change chez les émetteurs et la suspension des recharges USDC sur certains exchanges. La révision de l’ordonnance japonaise ne présente aucun signal de risque de décrochage ; il s’agit d’un ajustement purement réglementaire, et la réaction du marché devrait rester bien en deçà de celle de 2023.

Cadre réglementaire / frontières de conformité : comment interpréter la « zone grise USDT » au Japon

En référence au guide de conformité Japon du site, le statut juridique actuel de USDT au Japon peut se décomposer en trois niveaux :

Cette révision de l’ordonnance concerne principalement le niveau intermédiaire. Si vous êtes un utilisateur japonais détenant une carte à l’étranger (Hongkong, Singapour, Dubaï), vous pouvez également consulter la conformité Hongkong et la conformité Singapour — ces deux juridictions offrent un cadre bien plus clair que le Japon pour les cartes USDT.

3 jalons à surveiller prochainement

  1. Date de clôture de la consultation publique de la FSA : les révisions d’ordonnances font généralement l’objet d’une consultation publique de 30 jours. Suivez la page officielle de la FSA pour voir si un résumé des avis en anglais est publié en juin.
  2. Premier émetteur étranger de stablecoin agréé s’établissant au Japon : à ce jour, USDC est indirectement conforme via la voie SBI, mais Tether ne dispose d’aucun partenaire direct au Japon. Tout changement modifierait immédiatement la structure du marché des cartes USDT.
  3. Révision du régime fiscal du second semestre 2026 : les discussions du ministère des Finances japonais sur la fiscalité séparée des crypto-actifs (taux fixe de 20 %) pourraient aboutir à l’automne. Ce point aura un impact bien plus grand sur le calcul des rendements réels dans nos recommandations de cartes pour le Japon que la présente révision de l’ordonnance.

Recommandations éditoriales

En une phrase : ce n’est pas une information sur « le Japon qui s’apprête à interdire USDT », c’est une information sur « le Japon qui continue de préciser les règles de circulation des stablecoins étrangers ». La nuance est considérable.